Comment se sortir d’une dépression ?

Humeur terne, perte de tonus, irritation fréquente, peur du lendemain, troubles du sommeil. Une personne sur cinq serait confrontée à la dépression en France. Plus encore, les femmes. Quels symptômes doivent alerter ? Comment lutter contre la dépression ? Que faire quand un proche est dépressif ?

En France, selon l’Inserm, la dépression concerne une personne sur cinq (1 homme sur 10 et 1 femme sur 5). Près de 8 millions de personnes, ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. Avec l’anxiété, elle est la plus répandue des troubles de l’humeur. La dépression est aussi le trouble psychologique qui a connu le plus grand boom ces dernières années, au point que la consommation d’antidépresseurs a explosé.

Définition : Qu’est ce que la dépression ?

La dépression est un trouble de l’humeur. Il se caractérise par une profonde tristesse, un désespoir, un manque de désir de vivre, un repli sur soi, une perte d’intérêts et de motivation pour les activités de tous les jours, un changement de comportement et un ralentissement psychique et moteur qui peuvent conduire dans les cas les plus extrêmes au suicide. La vraie dépression, aussi appelée épisode dépressif majeur, n’est pas un simple vague à l’âme de quelques jours. Elle se traduit par une série précise de symptômes, se manifestant sur une durée minimale de deux semaines et qui peut perdurer plusieurs semaines, mois voire années.

Dépression ou déprime : Les différences ?

Beaucoup de personnes connaissent des épisodes de déprimes plus courts, liés à des facteurs déclenchants comme la mauvaise saison, la mort d’un proche ou encore un baby blues. Mais le mot « dépression » est entré dans le langage courant et ne désigne pas toujours à bon escient le trouble dépressif. Par exemple, la tristesse et l’abattement consécutifs à un deuil ne sont pas toujours dépressifs, même s’ils durent plusieurs semaines.

De même, des sentiments passagers de mélancolie et des pertes d’enthousiasme ne forment pas nécessairement une dépression, mais plutôt une simple phase de déprime appelée à disparaître spontanément. Le terme de « dépression » se réfère ici à un état transitoire, indiquant une réactivité normale de l’individu à son contexte de vie.

Il s’agit en réalité de déprime et non de dépression qui est une vraie pathologie.

Les types de dépression

Etat dépressif

La dépression est un trouble psychologique qui se caractérise par un état dépressif caractéristique. Celui-ci se traduit par une baisse de l’humeur, un désintérêt pour des activités habituellement sources de plaisir, un sentiment de culpabilité et/ou une baisse de l’estime de soi. Un état dépressif peut également avoir un retentissement sur le sommeil et l’alimentation et donner lieu à des idées suicidaires. « Dans 60 % des cas, les états dépressifs sont traités par la prise d’antidépresseurs », précise le Dr Patrick Lemoine, psychiatre à Lyon. Une psychothérapie accompagne souvent le traitement médicamenteux.

Dépression chronique

Quand la dépression se poursuit pendant au moins deux ans, on parle de dépression chronique. Si elle est soignée par des antidépresseurs et une psychothérapie, parfois une hospitalisation en milieu psychiatrique s’avère nécessaire.

Dépression réactionnelle

La dépression réactionnelle est une forme de dépression causée par un événement marquant ou une pression psychique excessive. Ce peut être consécutif à un deuil, un accident, un problème professionnel, ou même parfois des événements pouvant paraître dérisoires. Les personnes en dépression réactionnelle sont sujettes aux pleurs intempestifs, à des troubles du sommeil et présentent les symptômes d’une dépression classique : Tristesse, pertes d’intérêt et de motivation, repli sur soi, ralentissement psychique et moteur, modifications de comportement. La dépression réactionnelle est généralement traitée par antidépresseurs, complétés par une prise en charge psychothérapeutique.

Dépression post-partum

Si de nombreuses mamans peuvent connaître un baby blues après l’accouchement (jusqu’à 70 % peuvent être concernées), il n’est pas à confondre avec la dépression post-partum. « Dans le premier cas, les jeunes mères sont tristes, ont des crises de larmes brusques, elles sont irritables, insomniaques parfois et anxieuses, des symptômes qui apparaissent entre un et trois jours après la naissance et disparaissent spontanément au bout de deux semaines », explique le Dr Lemoine.

Dans le cas d’une dépression post-partum, les symptômes sont une tristesse profonde et durable, un désintérêt quasi total pour les activités du quotidien, des insomnies, de l’irritabilité et de l’anxiété, une fatigue permanente ainsi que des troubles de l’interaction entre la mère et l’enfant « . Elle concerne 10 à 15 % des mères, et se manifeste environ 4 à 6 semaines après l’accouchement. « Une psychothérapie associée à la prise d’antidépresseurs sera le traitement de base. Au besoin, une hospitalisation dans une unité parents-enfants pourra être proposée », précise le Dr Lemoine.

Dépression saisonnière

Cet épisode dépressif, qui touche plus souvent les femmes et les enfants, survient généralement à l’automne ou au début de l’hiver et s’installe jusqu’au printemps. Elle est provoquée par une baisse de la lumière naturelle. « Les symptômes sont ceux d’un épisode dépressif : Tristesse permanente, perte d’intérêt pour les activités de tous les jours, la boulimie sucrée, l’hypersomnie, la somnolence et une fatigue intense dès le réveil, explique le Dr. Lemoine.

A ces principaux changements, peut également s’associer une baisse de libido, une prise de poids, une irritabilité et une dévalorisation de soi ». Il existe une thérapie spécifique pour l’enrayer : La luminothérapie. « Elle consiste à s’exposer à une forte lumière, proche de celle du soleil, précise notre expert. Les séances durent une demi-heure. Mais des lampes de luminothérapies sont également disponibles dans le commerce ». Des séances de psychothérapie peuvent compléter le protocole de soins.

Comment sortir de la dépression ?

Le traitement de la dépression comporte deux volets complémentaires (médicamenteux et psychologique) et intervient à deux niveaux : Sur le cerveau grâce aux médicaments, et sur le psychisme grâce à la parole. Il est parfois long, afin d’éviter le risque de récidive. De nombreuses études ont confirmé l’efficacité pour 80 % des malades de l’association médicaments-psychothérapie. De plus, la dépression étant complexe, il n’existe pas une seule méthode. La prise en charge dépend notamment de la gravité de la dépression.

Une dépression légère ne sera pas traitée de la même façon qu’une dépression sévère et encore moins qu’une dépression résistante.

Elle dépend également du souhait de la personne déprimée et de la personnalité. C’est au cas par cas.

Avec la psychothérapie

Travailler sur soi permet d’identifier les causes de la maladie, d’accompagner la guérison et d’éviter les rechutes. « De nombreuses études ont prouvé l’efficacité de cette thérapie, assure le Dr. Lemoine. Elle apporte une écoute bienveillante, permet de mettre des mots sur la douleur et de lutter contre les pensées négatives et auto-dévalorisantes « .

Les séances doivent être régulières, de l’ordre d’une à deux séances par semaine pendant plusieurs mois selon l’importance des symptômes.

Avec des antidépresseurs

Il s’agit de psychotropes dont le rôle est de faire disparaître les troubles de l’humeur. Dans le cas d’une dépression majeure, leur prise peut être recommandée. « Ils apportent un soulagement au bout de deux à trois semaines de prise, précise le Dr.Lemoine. Mais parce qu’ils ont des effets secondaires importants (troubles du rythme cardiaque, troubles sexuels, vertiges…), ils ne sont prescrits que pour une période, n’excédant pas 4 à 6 mois ». A savoir : Le médecin peut prescrire en début de traitement un médicament anxiolytique pour diminuer les angoisses associées à la dépression. De fait, les anxiolytiques ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines. Au-delà, leur action est diminuée et le risque de dépendance physique est réel.

Avec des remèdes naturels

Le Millepertuis est un antidépresseur naturel, utilisé dans les cas de fatigue chronique et comme régulateur d’humeur. Plusieurs études en placebo double-aveugle comparent même le millepertuis à certains antidépresseurs synthétiques, les effets indésirables en moins. La rhodiole favorise la concentration. Elle agit sur la fatigue cérébrale en stimulant les fonctions cognitives et sur la fatigue physique en améliorant le tonus. Elle atténue également l’anxiété et la dépression légère, lutte contre la fatigue générée par le stress.

Les conseils ci-dessous ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Si les symptômes perdurent ou s’ils s’aggravent, il faut alors consulter rapidement son médecin traitant.

Pour combattre le stress, relaxez vos muscles tendus